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Efim Chorny

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Bojan Z

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Mon Roman - Chroniques de rencontres

LA RELIGION COMME POINT COMMUN

Si l'envie de rencontrer une personne de même confession religieuse que soi au travers de sites spécialisés peut paraître saugrenue, peut-elle nous aider à nous définir et à délimiter un territoire de valeurs communes ?


La notion "d'identité'" regroupe à la fois des éléments géographiques, historiques, culturels ou religieux. Les uns ayant des implications sur les autres, etc...

Lors d'une rencontre amoureuse, quelle part de notre  choix  porte sur la seule religion du conjoint ? Et surtout, en sommes nous conscients ?

Pour ce qui est des laïcs d'origine 'X', le problème ne semble pas se poser. En effet, les preceptes religieux ne  structurant pas le quotidien, nutrition, ablutions, prières... ne représentent en rien un frein à la relation. 
Mais qu'en est il du lien entre notre origine religieuse et nos structures inconscientes profondes ? Ne transmet-elle pas un certain nombre de valeurs 'cultuelles' intimement liées à notre identité tout entière ?

Si on peut sans conteste répondre par l'affirmative, c'est certainement dans cet enjeu que la véritable rencontre se joue. Celui de la confrontation à l'Autre, celui qui vient d'ailleurs, d'une autre culture, et parfois d'un autre angle de perception du monde.

La religion musulmane n'échappe pas à la règle. De plus en plus, et c'est bon signe, elle est traversée par des courants politiques divers, des métissages, générant parfois des schismes... c'est aussi le résultat d'une intégration progressive et réussie.

Concernant la religion juive, les mécanismes d'intégration sont très anciens, culturellement plus encadrés par une littérature et un relais du catholicisme anti-juif historique et biblique. Aujourd'hui, l'identité juive est multiple et transversale, nourrie par ses différentes strates d'immigrations et de déportations successives, géographiquement disparates, depuis le Moyen- Âge jusqu'aux séfarades de 1956.

Le terme 'Identité' paraît ainsi être l'un des seuls à pouvoir englober l'hétérogénéité de ce groupe "d'individus" que seuls les  paranoïaques voient comme un tout homogène.

En réalité, ce qui fait la force et aussi la faiblesse de l'identité juive, c'est qu'elle ne peut être caractérisée. Si les allemands ont posé leur propre définition de ce qu'est "un juif", bien érudit celui qui pourra résumer par lui seul cette identité qui se décline en autant de courants et d'origines, d'obédiences et de pratiques, de laïcités et d'orthodoxies, chacun porteur de convictions et d'une histoire qui fait de lui un juif différent. Mais est-ce la même chose pour les autres religions ? Oui et non. Car ce qui caractérise l'identité juive, c'est cette multiplicité d'origines et d'histoires qui fondent, non pas UN mais DES judaïsmes, et bien antisémite celui qui voit dans cette identité, l'image d'un peuple soudé et uni.


En France plus qu'ailleurs, et contrairement à d'autres, la langue des racines ne réunit pas : certains parlent une passionnante langue ancienne issue d'Espagne et de Turquie (les "Séfarades d'Europe") : le ladino, d'autres, l'arabe (Juifs d'Afrique du nord), d'autres encore le Yiddish (la seule langue européenne depuis le 16ème siècle), d'autres enfin, ne parlent que le français, rejetant avec véhémence toute référence à leur arrivée sur le territoire français (plusieurs siècles auparavant).
Pour ces derniers, ni pratique, ni croyance. Le rappel de ces temps anciens, l'époque ou ils furent des "Shnorer" (mendiants), leur est insupportable, et le Yiddish est souvent perçu, pour ceux là comme pour la quasi totalité des séfarades, comme un patois, voire une langue ancienne proche de la culture et la mentalité allemande, pratiquée par quelques vieillards sans importance.

Le rappel à un pays, racine de la culture
? Non, il n'en existe pas UN, mais une multitude.

Concernant la pratique religieuse, elle se décline globalement et schématiquement, entre ashkénazes et séfarades, laïques traditionalistes et pratiquants. Parfois attachés à une culture juive, une pensée... un humour. Chacun campant sur des modalités qu'il déclare représentatives de l'identité juive...

Quand à l'attachement à Israël, il est bien inégal. Certains lient leur religion à celle de l'existence de l'état biblique ou historique, d'autres n'y voient qu'un bout de désert sans rapport avec leur existence passée ou future, d'autres enfin, y voient le symbole d'une terre enfin protectrice, une terre "rendue" grâce à une une lutte depuis le XVIII ème siècle, après avoir été bannis et expulsés, ghettoïsés et déportés depuis des siècles, de générations en générations (la Shoah n'étant que la plus récente étape, la dernière en date)...

Évidement, ajoutons à cela les corollaires politiques (globalement séfarades plutôt à droite, ashkénazes plutôt à gauche), les clivages séfarades (algériens, marocains, tunisiens), ainsi que ceux des ashkénazes : vielles familles en France depuis plusieurs siècles, souvent alsaciennes, contre "nouveaux venus" des pays de l'Est, qu'ils considèrent comme pouilleux et impolis, mais portant avec eux la musique, la danse et la culture de ces pays qu'on dit froids... (voir le très bon documentaire "Heureux comme un juif en France")

Alors comment trouver un alter égo dans tout cela, seulement grâce à la case "Israélite", hummm ?
Existe t-il un lien fédérateur ?

À suivre... (v.1.2)

 

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