| Mon Roman - Chroniques de rencontres |
Voyage au mexique. Mon expérience de la rencontre
Je me présente : Orquidea, 39 ans, un peu tête brûlée dans les étoiles, les pieds pas toujours sur terre, une volonté de fer et des plans sur la comète de Halley et toutes ses copines pour ne pas faire de jalouses, inadaptée sociale, inflexible, intransigeante, 'instinctuelle', andalouse pied-noire, goy errante (personne n’est parfait) et contradictoire comme tout être humain... je ne fais que répéter ce qu’on me dit, je ne suis pas toujours d’accord :-)
Mon parcours sur les sites des rencontres commence peu de temps après mon arrivée au Mexique. Heureuse d’avoir enfin trouvé un job qui me convenait, peu importe si c’était à l’autre bout du monde. Cependant, j’étais isolée des « miens », et mes repères étaient chamboulés. C’est quoi ces mecs qui te draguent à tout bout de champ, dans la rue, en classe, dans un restaurant... ?! Tes collègues, ton patron, tes propres élèves... non mais je rêve ! Je me sentais agressée parce que je ne connaissais pas les codes.
-Garçon, l’addition s’il vous plaît !
-Mademoiselle, votre addition a déjà été payée.
-Comment ça ?! Mais par qui ?
-Par ces messieurs là-bas derrière.
La colère est venue. J’étais furieuse!
-Bon, et bien je vais quand même vous régler et vous allez vous empresser de rembourser ces messieurs !
« Non mais, ils m’ont prise pour qui ?! »
Le garçon de café m’a regardé stupéfait et m’a laissé régler. Parce qu’une mexicaine, elle, aurait accepté qu’un gars sorti de nulle part lui paye son petit déjeuner à la terrasse d’un café ! Et tant pis si le mec ne lui plaisait pas, personne lui a demandé de payer, na ! Je me suis rendue compte de l’affront que j’avais fait à ces gentils messieurs quelques semaines plus tard lorsque j’ai commencé à comprendre le fonctionnement.
Cette simple petite anecdote résume ainsi la mentalité des mexicains : un machisme démesuré dont les femmes ne se plaignent absolument pas car elles mêmes alimentent ce fonctionnement. Cela donne pêle-mêle une femme dentiste à la maison pour ne pas froisser l’ego de son mari, des tromperies à tout va de part et d’autre pour supporter le conjoint, de la jalousie à un degré pathologique, des enfants cachés par les hommes pour pouvoir conquérir leurs belles (et oui, si cette jolie fille savait pour l’enfant elle déduirait qu’il ne pourrait pas l’entretenir !), des femmes humiliées par leur mari si jamais elles avaient gardé leurs métier et pire, si elles osaient gagner plus que lui... En situation de flirt, les filles repèrent le modèle de voiture du mec (bien sûr, c’est un plus si la voiture est neuve), dans quel quartier il vit, à quel restaurant il va l’emmener... Au moment de l’addition, jamais une mexicaine ne ferait mine d’ouvrir son sac pour sortir un billet ! Cela équivaut à une insulte. Si, si!
Bon, j’en peux plus, je m’arrêterais là parce que je me rends compte que j’en ai insulté plus d’un !
Une fille européenne, seule, loin des siens, pas trop vilaine... c’est une cible facile pour macho mexicain. Un bon petit bonbon exotique à accrocher dans son tableau de chasse.
Ainsi, pas du tout disposée à m’adapter en mettant de l’eau dans mon vin, je me renfermais dans mes convictions et découvrais le monde merveilleux des sites de rencontres. Oui, merveilleux, sans aucun cynisme de ma part. Je voulais juste ne pas perdre mes repères, parler avec des hommes qui ne me mépriseraient pas parce que je m’assume autant que je peux dans tous les aspects que la vie m'offre.
Je commençais donc à remplir ma fiche consciencieusement et honnêtement indiquant le Mexique comme lieu de résidence. Timide au commencement, je n’ai pas mis de photos. Je ne tarderais pas à m’apercevoir que malgré mon sens de l’initiative j’obtiendrais peu de réponses de la part de la gente masculine. Peu d’hommes acceptaient de me répondre. Parmi eux, essentiellement deux catégories : des blacks et des artistes.
J'en déduis que les premiers sont culturellement avenants et les seconds ouverts d’esprit par déformation professionnelle. De cette première étape, 2006 quand même, je conserve encore une connaissance, que je dois plutôt appeler un « ami », vu le temps passé et les liens tissés. Un photographe noir, vivant à New York que je n’ai toujours pas rencontré en vrai !
Je galérais vraiment pour discuter avec les mecs :
« contacte-moi quand tu seras à Paris » c’est ça mon coco, c’est vrai qu’en trois lignes de conversation tu m’as laissé un souvenir indélébile!
« il faut vraiment être un trou du cul pour aller vivre dans un trou du cul pareil », ton esprit est certainement plus étroit que le trou du cul que je suis !... et j’en passe...
Grrrr... Puisque c’est comme ça, les gars, vous allez voir ce que vous allez voir !
Je sors les grands moyens : je corrige mon lieu de résidence, Paris (c’était pas tout à fait faux puisque j’y passais quatre mois de l’année) et des photos !!!!
Changement radical ! Ma boîte aux lettres explosait de mails, mon chat clignotait de tous les côtés. J’avais de l’occupation pendant des heures. Je ne calcule même pas le nombre de contacts que j’ai eu en l’espace de deux ans et demi. Mais il y avait un inconvénient majeur, comment faire le tri dans tout cela ?
Au début j’essayais de répondre à tout le monde, mais les limites étaient là : je ne pouvais pas « creuser » mes interlocuteurs. Un soir, par hasard, un type avec qui je discutais me fait un commentaire un petit peu déplacé et je sentis que la conversation état sur le point de dégénérer. Spontanément, pour calmer ses ardeurs, je lui balance : calme toi, ma poule ! Il a éclaté de rire et s’est repris.
J’avais découvert un outils de communication : l'humour et son corollaire, l'auto-dérision !
Désormais, nommer affectueusement un homme "ma poule", était devenu mon outil de tri : soit le mec l’accepte, j'en déduis qu’il a un humour compatible au mien (parce que non, l’humour n’est pas universel !) soit il ne l’accepte pas et il disparait.
Je n’avais même pas à me demander comment j’allais lui annoncer qu’il ne m’intéressait pas. Il faut dire que j’ai pu me le permettre car étant a 8 000Km de Paris, il est évident que je n’étais pas sur ces sites pour rencontrer l’âme sœur, en tout cas pas dans l’immédiat, et que je n’aurais peut être pas osé ce type de commentaires si ça avait été le cas. Mon seul but était de me trouver des interlocuteurs pour ne pas m’ennuyer. Ma formidable « passoire » ayant fait ses preuves, je déclinais mon impertinence et mon sarcasme le tout arrosé d’une bonne dose de provoc (le net désinhibe, c’est bien connu) afin de réduire le calibre du maillage. Plus je le réduisais, plus les hommes que je choisissais par ces méthodes despotiques devenaient intéressants, me correspondaient. Comble de cynisme et décalage horaire obligeant, j’étais bien organisée : le matin je contactais les américains et à partir du milieu de l’après-midi, les européens.
Ces méthodes ne valent que pour moi. À vous de trouver celles qui vous satisfont le plus...
La suite, Part. 2 : NOUVEAUX OUTILS, ici
Orquidea