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YOM, la rage de l'évocation...

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Mon Roman - Chroniques de rencontres


...JE NE SAIS PAS CE QUE JE VEUX, mais je sais ce que je ne veux plus. 


C'est une phrase que j'entends souvent lors de mes rencontres féminines. Cette phrase me fait penser à ces partis politiques qui, définissant un modèle contre lequel ils s'opposent, finissent par en exclure tous leurs membres, observant qu'ils sont chacun une part de celui-ci. C'est pour

cette raison qu'il m'est impossible d'adhérer à un parti. Un homme riche n'est pas forcément un escroc ou un fourbe. Un SDF n'est pas  forcément un homme bon et humaniste. Les actes racistes les plus meurtriers sont commis par les tribus noires de Centre-Afrique et un socialiste peut aimer le luxe, les dorures et les montres hors de prix. Un "pauvre" n'est pas forcément un type bien. Un "riche" peut être malheureux.
Cette théorie par soustraction est d'autant plus pernicieuse, qu'elle conduit inexorablement à l'isolement. Ceux qui bâtissent leurs rangs sur l'exclusion, voire la haine des différences, finissent par exclure ceux de leur propre groupe.

Dans le cadre des rencontres amoureuses et des effets pervers de leur accumulation, il faut bien se garder de théoriser sur les expériences passées, sinon à s'isoler et ne jamais rencontrer l'âme sœur.
Après une expérience difficile avec un père ou une mère célibataire avec enfants, exclure ce profil de nos rencontres est une erreur. Une rupture avec un musulman ne devrait pas nous conduire à bannir tous les musulmans de nos options, une mauvaise expérience avec un catholique, n'indique pas que nous soyons prêt à rencontrer un juif (bien au contraire).

Aux listes d'exclusions, parfois contradictoires, viennent souvent s'ajouter les listes d'apriori, tous plus imbéciles les uns que les autres... Les hommes "petits" ne m'attirent pas, les femmes à forte poitrine sont plus féminines...
Or l'être humain est multiple. Même s'il est évident que nous répondons à des lignes de force cohérentes, les parcours de vie sont parfois inattendus et surprenants. Un chef d'entreprise est parfois un artiste qui n'ose pas. La générosité du cœur, celle des gestes et des mots simples, est rarement le quotidien des intellectuels. Un homme divorcé avec des enfants à charge est parfois plus responsable qu'un célibataire endurci et peut justement combler les désagréments matériels de la prise en charge de ses enfants par une générosité et un sens de la famille plus accru. "Un ashkénaze, non, je ne veux plus ça, j'ai déjà testé...". "Une séfarade, non, pour se taper la famille à chaque Shabat, et les frères, les cousins...non". "Un fonctionnaire, non, trop égoïste et sans ambition..."

Le parcours de chacun est différent. Croire en ces généralités et soustraire de nos possibles, ceux qui portent en eux certains traits communs à nos échecs passés, c'est croire que nous sommes nous-même une caricature, un parangon, entendu, sans particularités ni personnalité. Si nous ne pensons pas être nous-mêmes une caricature, admettons qu'il existe une multiplicité dans les profils au sein desquels certaines qualités et expériences viennent contre-balancer les traits que l'on pensait rédhibitoires.
Sans doute, ces rencontres  sont-elles  vouées à l'échec la plupart du temps. Mais c'est dans une ouverture à l'autre et à ses particularismes que peut naître une rencontre. A défaut, autant rester seul et ne pas se mentir à soi-même.



Samuel

Voir aussi : Analyse d'une rencontre  

 

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