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COMPLEXE N'EST PAS PROFOND -
Le film de Christopher Nolan est la compilation de ce que la production cinématographique actuelle peut offrir de plus impressionnant en terme d'effets visuels, mais aussi de plus immature. Là ou d'autres nous auront transportés avec peu d'effets mais une écriture filmique exigeante, Nolan nous fatigue avec un jargonnage incessant, des références cinématographiques prétentieuses et un salmigondis de termes puisés dans le vocabulaire analytique. Nous noterons de nombreuses références aux écritures saintes ainsi qu'à la Kabbale, mais bien qu'épaulé par un scénario intéressant il s'avère alambiqué et interminable. Bref, du complexe et peu de profondeur.
Synopsis : Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.
Le traitement des rêves est un classique de la littérature s.f. Le cinéma est le média du rêve et le parallèle entre fiction et réalité est celui de l'outil. Quand filme t-on le réel, quand re-écrivons-nous le réel ?
Ce questionnement est à l'origine de la technique cinématographique, que Murnau ou Jean Rouch, posèrent en leur temps.
Ce film de Nolan, au ton faussement grave et intelligent, grandiloquent et parfois (involontairement) comique, est un hommage au cinéma de genre et comme disait Picasso :" copiez, copiez, il en restera toujours quelque chose".
Truffé de références et de clichés déjà vus et revus sur le sujet des rêves, on y retrouve pele-mêle Heicher, dessinateur génial, maitre du paradoxe visuel, Kubrick, avec 2001 L'odyssée de l'espace et la scène du lit mortuaire, mais aussi le chef d'oeuvre "Mariage royal" qui traitait lui aussi, des évolutions du cinéma entre réel et fiction, avec cette fameuse scène de Fred Astaire marchant au plafond. Nous trouvons aussi des références à la culture 'geek' avec le dernier opus du jeu vidéo 'Lost Planet', plongé dans l'univers du cyber-combat sibérien.
Le scénario tente de donner un peu de profondeur à ce film en complexifiant à outrance une trame pourtant simple. Là ou David Cronenberg nous avait ravis avec son 'Existenz', profond et politique, Nolan nous noie sous les pirouettes invraisemblables, où le jargonnage alambiqué permet de sortir de toutes les impasses.
Je vous propose de voir ou de re-voir, sur le même sujet, le petit film d'Alejandro Amenábar, 'Abre los ojos' (Ouvre les yeux). Un modèle du genre, où le glissement entre réalité et fiction est parfaitement maitrisé.
Une étude existentialiste et politique de notre psychè. Là où Amenabar réussit avec peu de moyens à nous faire vibrer au destin de son personnage, Nolan (qui a certainement vu ce film), opte pour le marteau piqueur.
Dans Inception, les personnages sont à peine traités et leur psychologie est grossière malgré les efforts d'un Di Caprio qui ne s'en sort décidément pas...
Bref, une mixture un peu roborative, pleine d'images particulièrement impressionnantes, avec une palme particulière à Paris et son architecture, qui est certainement le meilleur acteur du film.
A voir avec du recul en grand écran et un aspro.
Alexis