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LA RELIGION S'OPPOSE T-ELLE À LA CULTURE ?
Est-il possible de cumuler la pratique d'une religion à l'étude des cultures ?
Si la religion elle-même est une culture, peut-on en dire autant de la pratique quotidienne de celle-ci dans l'observance de préceptes stricts, différents de la religion dominante du pays concerné ?
Cette nécessite s'impose d'autant plus que la religion peut aussi occuper la quasi intégralité du domaine citoyen. Généralement, plus la pratique de cette religion s'impose dans le quotidien et la distanciation face au coutumes et aux pratiques de la religion dominante, plus le champs culturel se replie.
Ne pas manger de
porc, ne modifie en rien la capacité à s'ouvrir sur le monde extérieur,
même si la gastronomie française en est très largement 'farcie'. Manger
casher ou hallal, pose d'autres problèmes et le repli commence.
Le domaine culturel en est automatiquement modifié. S'il n'en va pas de même avec les autres restrictions alimentaires comme celles imposées par la médecine, ce mécanisme est commun à ceux motivés par des options purement idéologiques comme les végétariens, végétaliens... qui peu à peu se côtoient, se réunissent, se fréquentent... Et ce mécanisme
s'amplifie : à mesure que la pratique religieuse s'impose, elle prend
la place du champ culturel et social. Peu à peu, l'un prend la place
de l'autre et il est inexact de penser que la pratique religieuse peut "s'ajouter" comme un apport culturel supplémentaire. Il n'est pas ici question de traditions, ni de culture, mais bien de pratiques visibles et de restrictions. Au-delà de la sphère privée, il importe de participer au forum, et de pas s'en exclure, à moins de ne concevoir ces options religieuses que comme des armes de combats, outils politiques, prônant le respect des minorités tout en déstructurant le tissus social, historique (et souvent inconsciemment religieux) préexistant.
De fait, par ses règles physiques et matérielles, la pratique restreint et modifie notre rapport au monde et celui que nous entreprenons avec ceux qui ne partagent pas le même champs culturel.
Si nous concevons notre existante citoyenne comme un vecteur allant de la sphère publique à la sphère privée, il n'est pas faux d'observer que, plus la pratique est prégnante et s'écarte de la sphère privée, plus elle réduit notre implication dans "le forum".
Personnellement, je pense que la pratique religieuse, qui par définition relève de notre plus profonde intimité, doit disparaître au profit de notre vie sociale, publique et notre rapport aux autres... Le restaurant, le café, lieux de rencontres et de brassages, avant de s'imposer comme une nécessité, demeurent les derniers lieux de convivialité des civilisations. Il en va de même pour tout lieu public : piscine municipale, écoles, administrations, entreprises... Le fait de ne fréquenter que ceux autorisés par l'un ou l'autre des préceptes religieux limite, sans doute possible, le champ culturel et citoyen.
Moi qui suis un amoureux de la cuisine et de ce moment si particulier où la culture et l'humanité s'expriment, où l'échange est possible au-delà des mots et des langues, outils premiers de l'ouverture aux autres, je ne peux me résoudre à limiter mon alimentation à la seul observance de lois religieuses.
Peut-être en est-il autrement de ma vie privée...
À suivre...

