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Bortch & Jewpop sur Radio Shalom

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Klezmer Revival

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Mon Roman - Humeurs et Billets...

LA BÊTE EST CHEZ MOI, AUSSI

Le documentaire fiction de Laurent Heynemann avec Daniel Prévost diffusé sur Arte me confronta à une terrible constatation. Certain mots prononcés par cet antisémite collabo, responsable à différents degrés de la déportation de juifs français, firent écho dans mon cerveau,

à des propos tenus par certains juifs, non seulement après la guerre, mais aussi encore récemment.

Je me souvient en particulier d'une soirée festive et généreuse, chez moi, lors de laquelle un personnage portant kippa, m'avait interpellé sur la présence d'une étoile jaune sur le rebord d'un meuble. La violence de ses propos me laissa sans voix, comme d'habitude, abasourdi, une fois de plus.

S'asseyant confortablement devant un auditoire d’attardés et d’amis proches, ce sympathique séfarade c’était lancé dans une critique à peine voilée des objets de culte placés ici et là chez moi, et surtout de cette étoile jaune, que je lui expliquais être celle de ma grand-mère, distribuée par la police française. « Tu vois », m’avait-il dit d’un ton réprobateur, « cet objet me met mal à l’aise ».

-Pourquoi, avais-je répondu naïvement.

-Il rappelle des choses qu’il ne faut pas ressasser. On a l’impression chez vous les ashkénazes, que vous aimez vous torturer, vous faire du mal… La Shoah c’est dans l’histoire, maintenant il faut penser à l’avenir. »

C’est cette phrase de Bousquet qui m’avait rappelé cette discussion. Lors de son audition « …il y à comme un plaisir sadique à se remémorer cette douleur… »

Mais ce pratiquant ne faisait que commencer sa démonstration…

Sans le vouloir et pour canaliser ma rage, je tentais de lui faire respecter nos différences :

-« Ton histoire et ton héritage sont ceux de tes aïeuls. Ta pratique de la religion ainsi que les images de ton judaïsme sont celles que tu connais, que tes parents t’ont confiés. Moi, c’est mon judaïsme et mon identité de juif. Respecte mon judaïsme comme je respecte le tien. »

-« Mais c’est différent, moi je suis fier d’être juif…mais parents sont heureux de pratiquer cette religion »

Je n’osais envisager la suite de la conversation…mais reprenais :

-« Je ne comprends pas ce que tu veux dire, les juifs d’Europe auraient certainement été heureux de pratiquer aussi si cela avait été possible, et de manière ostensible si cela avait été possible. »

-« Mais il fallait pratiquer… je pense que ce qui est arrivé aux ashkénazes est un signe »

Je sentais que ses propos allaient dépasser ceux d’un quelconque nazzion. Je connaissais, pour les avoir déjà entendus, la violence des phrases qu’il allait prononcer. Puis il continua :

« Les Ashkénazes sont trop assimilés. Vous vous êtes trop mélangés, trop dispersés. La pratique, c’est important pour juger un juif, et vous avez été jugés, la punition fut terrible, mais à la fois, il fallait comprendre que c’était un signe comme pour l’arche de Noé… et puis il fallait se révolter, réagir, ne pas se laisser faire…»

La rage que suscitaient ces propos sortant de bouche d’un juif était telle, que mon corps était comme paralysé, mais sentant  l’auditoire des quelques 3 ou 4 personnes captivées par une telle compétence théorique, il poursuivait son ignominie.

« …en fin de compte, cela a eu un sens car cela à permit à Israël de naître… »

Dans le film, les propos de Le Pen : « Les chambres à gaz sont un détail de l’histoire… »

Et ceux de Bousquet : « …mais ceux qui sont revenu, pourquoi n’ont-ils rien raconté ? »

Sans doute avaient-ils la douleur et la haine dans la gorge et que les mots ne pouvaient sortir.

Ce type d’argumentation est courante chez certains religieux, souvent séfarades mais parfois aussi tenus par des ashkénazes, qui tentent de justifier la Shoah, de lui donner une raison… M’aventurant parfois dans certains restaurants casher parisiens, il m’arrive d’être questionné voir entrepris sur le fait que je ne pratique pas. Dans ces moments, je mesure à quel point cette distance est grande et à quel point, ma culture et cette fameuse capacité d’adaptation me distingue de ces gens qui, au-delà de leur bêtise et de leur inculture crasse, régénèrent un antisémitisme nouveau et dirigé vers les ashkénazes, fait de haine pour celui que ne ressemble pas à moi.

Le travail de "Résilience"  passe par la possibilité de dire. D'exister aussi dans son histoire, et de faire exister les faits par les mots.

 

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