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Bojan Z

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Kad Merad : L'italien

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Inception : Diception

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Romane : Le Manouche pédagogue

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Culture, Art... - Portraits

Le nom civil : Passerelle vers l'intégration ?

Loin de susciter une véritable polémique, le film d'Olivier Baroux, complice de toujours du comédien Kad Mérad, signe un film attachant et sensible. Kad Mérad est efficace sans pour autant tomber dans la caricature habituelle du personnage iconoclaste, plongé dans un univers hostile. Le film progresse lentement vers un débat plus sérieux, celui de 'l'Identité individuelle' face à la nation. Un sujet souvent traité sur Bortch.com

L'histoire

Dino Fabrizzi est le vendeur numéro un de la concession Maserati de Nice. A 42 ans, il arrive à un tournant de sa vie, le poste de directeur lui est ouvertement proposé et sa compagne depuis un an, Hélène, a la ferme intention de l'épouser. Pour Dino, la vie est belle, sauf que cette vie parfaite s'est construite sur un mensonge. Dino s'appelle en fait Mourad Ben Saoud. Ni son patron, ni Hélène et encore moins ses parents ne sont au courant de cette fausse identité... Dans dix jours débute le ramadan et Mourad qui passe outre tous les ans devra cette fois assumer la promesse faite à son père malade. Faire le ramadan à sa place... Pour Dino, l'italien, cela ne va pas être simple.

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Les personnages de ce film sont touchants, servant l'interprétation de Kad Merad qui semble vouloir creuser son personnage au-delà des contours d'un film qui hésite entre plusieurs genres. Si le sujet de 'l'identité nationale' occupe encore notre esprit, ce film n'apporte pas de nouvelle idée à ce débat caricatural qui se résume rapidement à un affrontement idéologique droite / gauche, se cristallisant souvent autour de la place de l'Islam en France.

Le film aurait tout de même gagné en profondeur en se resserrant sur le personnage central s'interrogeant sur le sens de sa propre existence et la valeur de son héritage familial, et plus particulièrement, de la place de l'islam dans cet héritage. Au lieu de cela, il semble que le réalisateur ait été plus attiré par la mise en accusation d'un système qui finit par déservir le but recherché. Car finalement, le film traite plus de la pratique d'une religion et ses contraintes en France, que de la place légitime d'un héritage culturel.  

La place du patronyme dans la transmission identitaire est un débat ancestral. Il constitua un renoncement pour la plupart des familles juives au cours des siècles. La transformation ou le changement de nom fut parfois la dernière des solutions avant l'exode, et la persécution, voire la mort. En Europe, et en particulier en France, on ne compte pas le nombre de personnalités dont l'origine juive fut masquée par des noms aux consonances plus 'acceptables'. Artistes, hommes politiques, mais aussi chercheurs, médecins... 


Une carte d'identité


"...de ce temps là, avec cette carte d'identité et mon nom, chaque jour, je risquais ma vie en allant chercher ma baguette..."


Mais quelles que soient les origines, le patronyme demeure une donnée symbolique de la transmission et il cristallise d'autant  plus les velléités individuelles qu'il constitue parfois la dernière trace d'une filiation. En l'absence d'un héritage culturel fort et personnel,  cette recherche de filiation, d'identité, de racines, trouve  parfois sa solution dans la pratique radicale d'une religion.

Celle-ci prend alors la place du champ culturel et social, et des enrichissements possibles dans un contexte laïc, pour y substituer l'individualisme et la revendication identitaire, incompatibles avec la vie en société.

Quelque soit le mécanisme et la violence avec laquelle il s'applique, le tissu social finit par intégrer les identités les plus iconoclastes de son territoire, nourrissant alors sa matière de nouveaux enrichissements, comme il se doit de nourrir ' l'étranger'. 

A vouloir forcer ce mécanisme dans ce repli identitaire et religieux, on risque de l'enrailler. L'intégration est un mécanisme lent et parfois douloureux, ou la 'résilience' est omniprésente, des deux cotés. L'humilité et la générosité aussi, parfois.

Kad Merad est un parfait exemple de cette intégration à la française, acteur français d'origine algérienne, il incarne le prototype du français moyen dans le film français au succès le plus invraisemblable de ces 20 dernières années : "Bienvenue chez les Chtis".

Une réussite pour cet acteur talentueux et généreux, aujourd'hui star incontournable du Box-Office Français.




Alexis, pour Bortch.com



 

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